Liminal French Podcast — Episode 78 Vous avez besoin d'un radar à FOMO Level B1 · 31:30 · 161 wpm https://liminalfrench.com/podcast/vous-avez-besoin-d-un-radar-a-fomo ———————————————————— [0:00] bonjour tout le monde et bienvenue pour une nouvelle vidéo, bienvenue pour un nouveau podcast. Comme d'habitude, vous avez les sous-titres en haut et maintenant, j'ajoute des définitions sur le côté, donc, des définitions à ma gauche et pour les membres YouTube ou Patreon, vous avez accès à des PDF, à une liste de vocabulaire, à des exercices de vocabulaire, etc. vous avez également le script disponible sur Patreon gratuitement, il faut juste créer un compte et rejoindre la communauté mais c'est gratuit et vous pouvez accéder au script de cette vidéo. [0:44] aujourd'hui, j'avais envie de parler d'un concept qui est le FOMO et le titre de la vidéo, ça va être, je pense, il faut avoir un radar à FOMO. Alors, pourquoi est-ce qu'il faut un radar à FOMO? pour commencer, c'est quoi le FOMO parce que c'est un acronyme, donc un acronyme, c'est quand on prend seulement les premières lettres pour faire un acronyme. Par exemple, ONU, Organisation des Nations Unies. c'est un acronyme. euh... j'allais dire l'OTAN, donc en anglais NATO, organisation transatlantique ... [1:20] quelque chose je ne me rappelle plus du sens de l'acronyme, mais bon, tout ça ce sont des acronymes, c'est quand on prend les premières lettres pour faire un nouveau mot. et du coup FOMO c'est l'acronyme de Fear of Missing Out. "fear of missing out" en anglais, donc en français, ça serait la peur de rater quelque chose. Donc, le FOMO, c'est un concept qui est devenu très populaire depuis plusieurs années, qui est ce sentiment, cette peur de rater quelque chose. [2:00] cette impression de passer à côté de quelque chose, ça va créer un manque. et le FOMO c'est un concept qui est beaucoup utilisé en marketing parce que quand vous arrivez à créer un manque chez quelqu'un, ça va attirer, ça va créer de l'attirance pour votre produit en quelque sorte. le marketing, il y a une phrase qui dit le marketing ce n'est pas vendre, le marketing c'est faire acheter, c'est faire acheter aux gens. l'idée du marketing, c'est de donner l'impression aux gens que c'est leur idée d'acheter quelque chose, c'est de leur donner envie et que finalement ils aient le sentiment que ce soit leur propre volonté d'acheter quelque chose. [2:50] Et ça, par exemple, vous prenez le monde du luxe, le monde du luxe, c'est vendre des produits très chers pour donner l'impression que... on vaut mieux que les autres, c'est un peu cynique, mais on a l'impression que parce qu'on achète quelque chose de cher, ça a beaucoup de valeur et que ça va nous rendre meilleur entre guillemets. parfois c'est pareil avec le prix par exemple. le prix en marketing, c'est que si le prix est trop bas, les gens vont se dire que c'est de la mauvaise qualité alors que si le prix est très haut, les gens peuvent se dire que c'est sûrement de la très bonne qualité. [3:33] tout ça, c'est du marketing et le FOMO, on l'utilise dans la vie de tous les jours, mais je pense que c'est quelque chose de très utilisé en marketing. dans la vie de tous les jours, ça va être par exemple de rater un événement avec des amis et d'avoir peur de rater un moment entre amis, de ne pas vivre ce moment avec ses amis. Et en marketing, ça va être l'impression que si on n'a pas un produit, si on n'a pas acheté quelque chose, on va manquer de quelque chose. [4:11] dans l'apprentissage des langues, ça va être par exemple. si vous ne faites pas cette méthode, vous ne serez jamais fluent. Et là, quand je dis ça, tout le monde se dit « Mais c'est quoi cette méthode?» Je veux connaître cette méthode, donc ça, c'est du FOMO. je crée du FOMO pour vous donner envie de connaître, enfin, de savoir ce que je vais expliquer. Si vous n'achetez pas mon cours, vous ne serez jamais fluent. là, c'est quand même du marketing assez évident, bien sûr, mais ça peut être pour tout type de choses, ça peut être pour la création de contenu, par exemple. [4:48] Si je mets un titre de vidéo, ça pourrait être, par exemple si vous ne connaissez pas ces dix mots de vocabulaire, vous ne pouvez pas parler français. et quand vous voyez un titre comme ça, vous avez qu'une envie, c'est de cliquer sur la vidéo pour connaître ces dix mots de vocabulaire. le titre de cette vidéo, ça va être vous devriez avoir, je vous conseille d'avoir un radar à FOMO et peut-être que certains d'entre vous, vous avez vu FOMO, vous ne savez pas ce que c'est et vous avez cliqué parce que ça vous a intrigué et vous vous êtes dit, c'est quoi un radar à FOMO? [5:29] Il faut que je sache ce que c'est le FOMO. Donc, voilà, tout ça, c'est des exemples et je pense que c'est quelque chose de très commun dans la création de contenu pour la simple et bonne raison que la création de contenu, c'est une compétition. Tout ça c'est très cynique, mais quand on crée du contenu et qu'on poste le contenu sur les réseaux sociaux, très rapidement, les algorithmes nous font comprendre que si personne ne clique sur nos vidéos, la vidéo ne fera jamais de vues. [6:03] la réalité c'est que quand vous arrivez sur YouTube, vous avez une page, une homepage avec plein de vidéos et… un peu inconsciemment, vous allez cliquer sur des vidéos qui vous attirent, qui vous donnent envie de les regarder et ça, c'est tout le travail des algorithmes. L'algorithme, c'est un outil, ça a des côtés positifs et ça a des côtés négatifs. le côté positif, c'est que quand vous commencez à regarder des podcasts en français, l'algorithme va commencer à vous proposer des contenus de plus en plus spécifiques sur un sujet, et ça, ça permet de découvrir plein de choses sur un sujet spécifique. [6:44] Donc, ça, c'est très positif. L'aspect négatif, c'est que du coup, c'est un peu la course à l'attention. C'est-à-dire que je pense qu'on parle de business de l'attention, c'est-à-dire que maintenant, sur toutes ces plateformes, réseaux sociaux, YouTube, etc., ce qui compte, c'est vraiment l'attention des spectateurs. Comment capter l'attention des spectateurs, comment avoir leur attention et faire en sorte qu'ils cliquent sur le contenu? il faut, je pense, je vais plaider en ma faveur, je vais me défendre, mais je pense qu'il faut excuser les créateurs pour ça parce qu'en fait, c'est juste le jeu et que si on ne joue pas le jeu, du coup, ça ne marchera jamais. [7:30] C'est très rare, je pense, que ça fonctionne sans jouer un peu à ce jeu-là. les seuls youtubeurs où ça va peut-être marcher, c'est des personnes qui sont vraiment long terme et où ça prend du temps à construire une communauté. Si je prends l'exemple en France, moi, j'aime beaucoup les vidéos sur le Japon. mon youtubeur préféré sur le Japon, c'est Ichiban Japan. Si vous aimez le Japon et que vous voulez voir des vlogs en français, je vous conseille ses vidéos, c'est vraiment de la très bonne qualité. [8:07] et la réalité, c'est que Ichiban Japan, je trouve qu'il fait un contenu de très bonne qualité, mais ce n'est pas du tout le plus gros youtuber sur le Japon, tout simplement parce qu'il ne joue pas au jeu de l'attention, de capter l'attention. Et vous avez d'autres youtubers où là, ça va être des titres beaucoup plus accrocheurs. Donc, accrocheurs, c'est qu'ils accrochent votre attention. Et les titres, ça va être par exemple les clichés qu'on peut avoir sur le Japon. [8:35] Par exemple, au Japon, il y a des anecdotes sur le fait que vous pouvez louer un copain ou une copine pour une journée. Et ça, du coup, il y a plein de concepts là-dessus en mode « j'ai loué un petit copain pendant 24 heures». Et ça, tout de suite, c'est des choses qui attirent beaucoup plus que juste écrire vlog d'une journée dans la préfecture de Yamanagata. ... (mouth fart, I don't know) Cette préfecture n'existe pas ... [9:03] c'est juste un exemple pour vous dire que rien que de jouer sur le concept, ça va avoir un impact considérable pour les créateurs et qu'il y a très peu de créateurs qui décident de ne pas du tout jouer à ce jeu, mais que que pour les autres, c'est quasiment obligatoire, parce que si vous ne le faites pas… ça ne marchera sûrement jamais. il faut excuser les créateurs parce que les algorithmes, c'est inévitable sur ces plateformes et parfois, c'est même incompréhensible. [9:47] pendant un moment je postais tous les jours des réels sur Instagram et au début je ne sais pas pourquoi, enfin je pense savoir, mais Instagram montrait mes réels qu'à des Français, c'est-à-dire à des personnes qui n'étaient pas du tout intéressées par mes réels. Et quand je voyais ça, au début, moi je me disais « Je ne comprends pas, je comprends pas, oui, dans mes vidéos, je parle français lentement. peut-être que l'algorithme détecte que je parle français et que du coup, il se dit « bon, ça c'est pour les français ». [10:19] Mais la réalité, c'est qu'après comme je parlais lentement, les Français qui voyaient mes vidéos, ils laissaient des commentaires en disant « je comprends pas, il a 2 de tension », avoir 2 de tension c'est être très lent, être très mou comme ça. Et du coup, je me faisais charier par des Français, enfin, charier c'est se moquer, des gens se moquaient entre guillemets de moi en disant « mais il a 2 de tension, il a du beaucoup fumé, etc., » des choses comme ça et du coup, à un moment, en fait, je n'arrivais pas à comprendre pourquoi et je me suis dit, je me suis posé la question, comment faire [10:57] pour que ça touche d'autres personnes parce que la réalité, c'est que c'est mon nouveau travail et que je suis dépendant des statistiques. Si je fais de bonnes statistiques, je vais avoir beaucoup plus d'opportunités, je vais avoir plus de demandes de cours pour mes cours et le jour où je sors des cours en ligne, ce genre de choses, il y aura potentiellement beaucoup plus de personnes intéressées. Donc, mon travail est très dépendant de ces statistiques. Et du coup, à ce moment-là, je me suis dit, je ne comprends pas et j'ai suivi beaucoup de professeurs de français sur les réseaux sociaux et je voyais aussi beaucoup de… [11:39] de contenu où c'est juste des listes de vocabulaire et la personne montre juste le français et la traduction en anglais. Comment est-ce qu'on dit « je ne sais pas »? Comment on dit « I don't know »? On dit « je ne sais pas » et juste des listes comme ça, donc un contenu qui a l'air très simple à produire et je voyais des milliers de vues, etc., et en fait, je me suis dit bah je vais essayer de faire ça puisque ça a l'air d'être le contenu qui marche alors même que personnellement, je pense que ces listes de vocabulaire sont inutiles. [12:11] c'est mon avis et la réalité, c'est que j'ai essayé de faire un peu ce format de contenu. Tout simplement parce qu'à un moment, je me demandais, mais en fait, si je ne joue pas un peu le jeu de l'algorithme, je vais rester à faire 200 vues par petite vidéo sur Instagram et avec 90% des personnes qui sont des Français qui regardent mes vidéos. Donc, je pense qu'il faut savoir excuser un peu les créateurs de jouer à ce jeu, de parfois jouer trop à ce jeu de FOMO et d'algorithmes parce que finalement, on est très dépendant de ça et qu'on peut avoir les meilleures intentions. [12:56] Si ce n'est pas bien emballé, entre guillemets, si ce n'est pas bien présenté avec l'algorithme, etc., ça ne marchera pas. si je prends l'exemple de Ichiban Japan, parfois, personnellement, j'ai envie de lui dire, mais vas-y, joues un peu plus le jeu parce que ton contenu, c'est vraiment, je trouve, le meilleur contenu sur le Japon, le meilleur contenu francophone. Et du coup, des fois, c'est un peu frustrant de se dire, les gens ne regardent pas ça juste parce qu'ils sont attirés par tout ce qui est FOMO, etc. [13:28] Donc bon, il y a un équilibre à trouver. À un moment, j'ai fait ces shorts, ces réels sur les listes de vocabulaire. Bon, j'ai arrêté parce que j'ai vite compris que je faisais ça seulement pour les statistiques et que ce n'est pas suffisant pour rester motivé et que je ne suis pas convaincu par ce type de format. Donc ça j'ai arrêté et je sais pas pourquoi à un moment il y a un moment, mes réels ont commencé à fonctionner et j'ai commencé à avoir des personnes d'autres pays. [14:01] Mais ça, c'était... je pense que c'était huit ou dix mois après que j'ai commencé à poster sur Instagram. Pendant huit mois, tous les jours, je postais un réel, je voyais 90% des personnes qui regardent mon contenu qui sont en France et du coup, je me disais bon c'est inutile, ça ne fonctionne pas du tout et là, finalement, ça a commencé à fonctionner, donc je suis content. et c'est pareil en soi avec les vidéos YouTube là récemment, j'ai posté une vidéo, c'est vous n'avez pas besoin de plus de grammaire, vous avez besoin de plus de vocabulaire. [14:37] Bon, là, je comprends que le titre, il parle, c'est un titre efficace pour les personnes qui apprennent le français, mais du coup, des fois, je me dis, bon, c'est un... des fois c'est un peu ... parce que là ma vidéo elle fait 30 000 vues, elle fait plus de 30 000 vues et j'ai d'autres vidéos qui restent bloquées à 2000 vues et donc parfois je me dis mais en fait c'est juste ... ce petit écart, c'est du simple au x10, ça va de 2000 à 3000 vues à 30 000 vues selon ce que je fais. [15:10] bien évidemment il y a le titre et il y a aussi le contenu qui doit être intéressant pour que les personnes restent sur la vidéo. ça c'est le FOMO et voilà pour un peu la présentation du contexte et de la réalité des créateurs. maintenant pourquoi est-ce que c'est efficace pour l'apprentissage des langues? Je pense que c'est particulièrement le cas pour l'apprentissage des langues pour la simple et bonne raison qu'apprendre une langue, c'est long et c'est difficile, enfin c'est difficile, c'est difficile principalement parce que c'est long. [15:47] et il n'y a pas vraiment de raccourcis. Et du coup, notre cerveau, quand il fait face à quelque chose de difficile ou de long, ce qu'il a envie de trouver, il a vraiment envie de trouver des raccourcis. et ça, c'est là où ça fonctionne bien pour l'apprentissage des langues, c'est-à-dire que tout ce FOMO qui tourne autour de l'apprentissage des langues, il est efficace parce que finalement, il n'y a pas vraiment de raccourci. s'il y avait une recette miracle ça se saurait, tout le monde connaitrait cette recette miracle, tout simplement parce qu'on apprend des langues depuis hyper longtemps et que du coup, on a un peu essayé toutes les méthodes. [16:27] Il y a eu des méthodes très orientées sur la grammaire, c'était très à l'ancienne, on va dire, il y a eu des méthodes sur l'immersion, etc. Donc, finalement, il y a un peu des courants, il y a un peu des théories principales. et la réalité, c'est que... c'est qu'en fait il n'y a pas de recette miracle. s'il y en avait une on la connaîtrait et tout le monde ferait la même recette miracle. je pense que... à mon avis il n'y a pas de recette miracle, il y a plutôt des théories principales et que après l'idée c'est plus de faire un mix de ça. [17:14] il y a des personnes qui vont dire qu'il faut faire un maximum d'immersion, et moi je suis plutôt de cet avis-là, mais par exemple quand j'ai commencé à apprendre le japonais, il y avait des personnes qui disaient « Faites de l'immersion, n'apprenez pas du tout de grammaire, faites de l'immersion, faites de l'immersion ». pour mon apprentissage du portugais, j'ai fait ça et au bout d'un moment, je me suis dit bon, j'ai un peu du mal avec les verbes, j'aimerais juste pouvoir reconnaître les temps de conjugaison, je vais faire un peu de grammaire comme on dit « bête et méchant » et finalement, ça a été efficace parce que ça me prenait dix minutes par jour [17:49] de juste écrire des conjugaisons basiques et maintenant, je sens que dans mon immersion, ça m'a débloqué un peu pour mieux comprendre ce que je regarde. Donc voilà je pense qu'il ne faut pas avoir il ne faut pas avoir trop de convictions. le FOMO c'est efficace parce que du coup il n'y a pas de réponse absolue et du coup tout le monde tout le monde veut un peu promouvoir son contenu et donc on tombe vite sur des miniatures YouTube par exemple qui disent si vous ne connaissez pas ça, vous n'allez pas progresser. [18:27] Si vous ne faites pas ça, vous n'allez pas, etc. et en fait, tout ça, ça joue aussi avec le fait qu'il y a des avancées technologiques. Donc, par exemple, si on pense à l'intelligence artificielle, je pense que, et je pense que je vais faire, bientôt je vais faire une vidéo sur comment utiliser l'intelligence artificielle. J'avais déjà fait une vidéo sur Chat GPT, mais maintenant, j'ai continué à utiliser et je pense que j'ai un peu développé mon avis sur le sujet, mais si demain je sors une vidéo où je dis ou je dis"Chat GPT will make you fluent" quelque chose comme ça, je pense que ça va mieux marcher. [19:12] Et d'ailleurs, je crois que, je vais vérifier après, mais je crois que ma précédente vidéo sur Chat GPT, c'est How to be fluent with Chat GPT. Et la réalité, c'est que cette vidéo a fait plus de 30 000 vues. donc j'ai joué un peu sur ce FOMO et ça a fonctionné. Je ne suis pas sûr que ce soit ma vidéo la plus intéressante mais en tout cas, les statistiques me font comprendre que c'est le contenu qui marche et donc, on est un peu dans ce piège. [19:44] Et la réalité, c'est qu'il y a des avancées technologiques, mais ce n'est pas compressible parce que la limite, c'est vraiment notre cerveau. Notre cerveau, il doit absorber les informations, mais ça, ce n'est pas compressible, c'est-à-dire que ce n'est pas parce qu'il y a des avancées technologiques, technologiques, pardon. que on va pouvoir apprendre une langue en un mois. et ça, je pense que... on a beau l'expliquer, les gens chercheront toujours le moyen le plus facile, le plus efficace. [20:15] Ce qui est logique, mais en fait ce qu'il faut dire, c'est que... il n'y a pas de recette miracle, il faut faire sa propre expérience et comme ça après vous allez apprendre à apprendre finalement. et ça je pense que c'est d'autant plus alimenté par le cas des polyglottes. donc sur les réseaux sociaux, il y a beaucoup de polyglottes qui montrent comment est-ce qu'ils parlent plusieurs langues à la fois, comment ils sont fluents dans plusieurs langues. Personnellement, c'est un contenu que j'aime beaucoup quand des gens, par exemple, il y a un américain qui s'appelle Ryan, je crois, il va sur Omegle, c'est un site où on fait des visios et des appels vidéo, [20:56] et des fois, il rencontre des personnes chinoises et il fait semblant de ne pas savoir parler chinois, et d'un coup, il parle parfaitement et les gens sont super surpris, et j'aime beaucoup ce contenu parce que c'est vraiment ce qu'on veut quand on apprend une langue, c'est-à-dire être capable de surprendre les gens et d'avoir directement une connexion particulière avec eux. Le problème du cas des polyglottes, c'est qu'un polyglotte, quand il va apprendre une nouvelle langue, il va l'apprendre très rapidement. [21:28] et il va l'apprendre beaucoup plus rapidement que le commun des mortels. Le commun des mortels, c'est les personnes normales. tout simplement parce qu'il s'est entraîné à apprendre d'autres langues. L'apprentissage des langues, le cerveau, la mémoire, etc., c'est un sport. Le cerveau, c'est un muscle et du coup, plus on fait de sport, plus nos muscles deviennent efficaces pour une tâche spécifique. Et du coup, en fait, quand vous vous comparez à des polyglottes qui apprennent le français en trois mois, en fait c'est comme si vous vous comparez à un athlète qui a fait les jeux olympiques, je ne sais pas, en course à pied, en running, et que d'un coup, [22:10] il commence à faire du vélo, et tout de suite, en vélo, il a de très bonnes performances. Pas le meilleur du monde, mais très rapidement, il arrive à avoir de très bonnes performances. dans cet exemple, vous vous dites, c'est normal, il faisait déjà beaucoup de sport avant, donc son corps est habitué, donc s'il commence un nouveau sport, il va avoir tout de suite de très bonnes performances. C'est exactement pareil, je pense, avec les polyglottes. Si une personne a appris à être fluent en Chinois, vous pouvez être sûr qu'après, il va avoir beaucoup moins de difficultés à apprendre le français ou n'importe quelle autre langue, tout simplement parce que déjà, il a une [22:51] expérience avec les méthodologies, Donc, il a appris à apprendre une langue, il a appris... à mémoriser du vocabulaire, à savoir ce qui est important ou ce qui n'est pas important. Il s'est posé les questions de « Est-ce qu'il faut que je commence à parler maintenant ou plus tard, est-ce qu'il faut que j'apprenne la grammaire?» tout ça. Ça, il a développé une expérience là-dessus et son cerveau, il s'est habitué à stocker des informations, à réorganiser, etc. Et donc ça, je pense que ce FOMO, il est d'autant plus efficace qu'on a un peu cet exemple des polyglottes qui parlent 7 langue, ou plus même. [23:33] Mais la réalité, c'est que la langue la plus difficile à apprendre, c'est la première. c'est la première tout simplement parce que vous n'avez pas d'expérience. Si demain, enfin, si on revient sur l'exemple du sport, le sport le plus difficile, c'est le premier qu'on fait tout simplement parce qu'au début, notre corps n'est pas habitué à faire du sport et ça, c'est exactement pareil avec les polyglottes et donc je pense que d'un côté, on a l'apprentissage des langues qui est long et où il n'y a pas vraiment de raccourcis, même s'il y a l'intelligence artificielle, etc., la limite, c'est notre cerveau et du coup, il faut faire travailler notre cerveau. [24:13] Donc, ça, c'est un peu frustrant parce que... on a l'impression qu'on peut aller beaucoup plus vite, mais en fait, non, et de l'autre côté, on a les polyglottes qui font des vidéos et ils nous disent "j'ai appris le français en trois mois" ils font un appel vidéo, ils parlent français avec quelqu'un, la personne est là, "tu parles super bien", et vous, vous êtes assis derrière votre ordinateur et vous vous dites « mais moi, ça fait un an et j'arrive à rien dire, il doit y avoir une recette miracle ». [24:40] Et ensuite, vous allez sur YouTube et vous voyez une miniature avec écrit « les trois hacks pour apprendre le français rapidement ». Et là, votre cerveau, c'est Jackpot, il s'illumine et il se dit « il faut que je clique sur cette vidéo et je veux connaître ces trois hacks ». La réalité, c'est que vous allez regarder une vidéo de 15 minutes et vous aurez perdu 15 minutes d'immersion en français en regardant, par exemple, mes podcasts. Bon, là je charie un peu, là je fais un peu d'humour, mais... [25:12] voilà. Je pense que la dernière partie de cette vidéo, c'est qu'est-ce qu'il faut faire vis-à-vis du FOMO. le FOMO, il sera toujours là parce que c'est un peu le jeu de l'attention, de ce business de l'attention donc le FOMO, il sera toujours là. et il ne faut pas trop critiquer les créateurs parce que, comme je l'ai dit, quand on se met de l'autre côté, on comprend très rapidement qu'on est très dépendant à ces algorithmes. du coup, qu'est-ce qu'il faut faire? [25:40] Je pense que la première chose, c'est de prendre du recul. je pense que, par exemple, quand j'ai commencé à apprendre le japonais j'étais très sujet à ce FOMO, j'étais très client de ce FOMO, tout simplement parce que je n'avais pas vraiment d'expérience d'apprentissage de la langue et du coup, j'avais un peu cette impression, je croyais à cette idée qu'il y a une recette miracle et du coup, mon cerveau se disait qu'il faut que je la connaisse. [26:10] Mais à force en fait d'apprendre et de travailler, je comprends de plus en plus qu'il n'y a pas de raccourci. Ce qu'il faut vraiment faire, c'est les principes de base, c'est faire un peu tous les jours et essayer d'adapter son apprentissage selon les difficultés qu'on rencontre. En portugais, par exemple, à un moment, je lisais du portugais, je regardais des vidéos mais j'avais pas le sentiment de bien comprendre les verbes et d'être sûr qu'on est dans le présent ou dans le passé. [26:40] Dans ce cas-là, je me suis dit que je vais faire un peu de conjugaison. peut-être qu'à un moment je vais me dire, j'ai l'impression de ne pas connaître beaucoup d'adjectifs, comment est-ce que je peux essayer de développer ça, etc. Donc ça, c'est prendre du recul un peu sur l'apprentissage, être conscient que ce n'est pas quelque chose de rapide, et plus être dans, avoir un peu des principes de base, mais plus être dans une… une approche un peu... [27:12] pas au jour le jour, mais une approche un peu plus empirique. Empirique, c'est qui vient de l'expérience, c'est-à-dire que vous faites une expérience, vous vous dites « Est-ce que j'ai aimé apprendre de cette manière?» Oui, non. « Est-ce que ça a été efficace?» Oui, non. Et du coup, après, vous vous dites « J'ai envie de continuer ou pas.» Et ça, vous pouvez l'appliquer en français parce que… il y a des personnes qui vont dire « n'apprenez pas du tout de grammaire », à un moment je pensais comme ça, il y en a d'autres qui vont vous dire « il faut connaître parfaitement sa conjugaison » [27:46] et la réalité c'est que c'est plus à vous de décider. Est-ce que vous sentez que vous avez le besoin de faire ça ou pas? Et si besoin, vous pouvez demander conseils à un professeur, à une intelligence artificielle, ce genre de chose. Donc, ça c'est prendre du recul et être conscient que le FOMO existe. Quand vous voyez des miniatures avec écrit "il faut absolument connaître ça", il faut se crée une petite alerte qui dit bon. ça c'est typiquement du FOMO, mais ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas cliquer dessus parce que souvent il y a quand même de bonnes informations, mais c'est se dire finalement cette question de la recette miracle [28:26] de l'immersion, je pense que j'ai une image d'ensemble suffisante et je n'ai pas forcément envie de cliquer dessus, je vais plutôt faire de l'immersion par exemple. et à la fin du coup, le dernier point je pense que, mais ça c'est plus... pour les créateurs de contenu, c'est j'ai écrit être sincère et ne pas avoir trop de convictions et rester curieux. je pense que quand j'ai commencé à apprendre, c'est un peu la courbe Dunning Kruger. Vous savez, quand on commence à apprendre quelque chose, on a l'impression de connaître beaucoup de choses alors qu'en fait, on est juste dans la phase de découverte. [29:04] Et du coup, je pense que… moi en tant que créateur, j'ai envie de rester sincère sur ce que je fais et la réalité c'est que je ne maîtrise aucune langue à 100 %. J'apprends le japonais et le portugais en autodidacte mais la réalité c'est que je ne suis fluent dans aucune langue donc parfois je n'ai pas les réponses à toutes les questions. être sincère et dire aux étudiants peut-être que tu devrais essayer ça et si c'est utile, continue. [29:35] Mais en tout cas, moi je n'ai pas vraiment de recette miracle. tout ce que je sais, je le base sur ma propre expérience et j'essaye de partager ça. Et du coup, ça, c'est aussi ne pas avoir trop de convictions parce que quand on a trop de convictions, en fait, on se coupe d'une partie, d'une partie des expériences possibles. Il faut avoir des principes de base comme l'immersion, c'est important, il faut travailler un peu chaque jour. Ça, c'est des principes de base que je m'applique à moi. [30:03] Mais parfois, rester curieux et ne pas avoir la conviction de dire "la grammaire, c'est nul", etc. Non, des fois, ça peut être utile, c'est juste trouver le bon équilibre. la réalité, c'est qu'il n'y a pas de réponse parfaite et pour notre cerveau, ça peut être une information un peu désagréable. C'est pour ça qu'il va toujours chercher le FOMO et c'est pour ça que vous, il vous faut un radar à FOMO pour rester un peu maître de vos choix et de ne pas tomber trop facilement dans ce genre de piège. [30:39] piège c'est un mot négatif, mais souvent il y a de très bonnes informations dans ce genre de vidéo, mais voilà, restez un peu parce que à la fin, ce FOMO, si vous consommez trop de FOMO, si vous êtes trop sujet au FOMO, ça va créer de la frustration et vous allez arrêter ce qui est la pire chose possible. donc voilà, ça va faire 30 minutes que je filme, donc je vais m'arrêter ici, j'espère que cette vidéo vous aura plu, si jamais vous aurez le script du coup sur Patreon accessible gratuitement, merci aux membres de me soutenir pour la création de contenu et si vous avez des idées de sujets, [31:22] n'hésitez pas à me les mettre en commentaire. merci d'avoir regardé jusqu'au bout et je vous dis à la prochaine.